Alphonse Steines est chargé par Henri Desgrange, dès 1903, de tracer l’itinéraire du Tour. C’est lui qui, une fois les villes-étapes retenues – les plus grandes de préférence pour y vendre le plus d’exemplaires possibles de "l’Auto" – détermine les emplacements de départ et d’arrivée, reconnaît le parcours la plupart du temps à vélo, retient les hôtels et entreprend avec le correspondant local de "l’Auto" les démarches nécessaires pour l’établissement des contrôles placés sur le parcours.
Autant à la fin du Tour 1903, Henri Desgrange est satisfait du déroulement de son épreuve, autant il maugrée en privé contre l’apathie des coureurs. La course, en effet, ne fut qu’une élimination avec peu d’offensives. Le vainqueur Maurice Garin s’impose avec trois heures d’avance sur Lucien Pothier, classé deuxième et quatre heures trente sur le troisième Fernand Augereau.
Alphonse Steines réussit à convaincre Henri Desgrange que pour être populaire le Tour doit frôler les frontières, longer les côtes et franchir la montagne. C’est ainsi qu’il introduit en 1905 le Ballon d’Alsace dans les Vosges, la côte de Laffrey et le col Bayard dans les Alpes. En 1906, le Tour franchit sa première frontière à Metz, alors allemand, puis à Vintimille sur la route de Nice et enfin à Irun avant l’arrivée à Bayonne.
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