En 1951, pour la première fois de son histoire le Tour ne
part pas de Paris mais de Metz. L’équipe de France est regroupée autour de
Louison Bobet, celle d’Italie autour de Gino Bartali et de Fausto Coppi mais
Bartali est vieillissant et Coppi est très meurtri par la mort de son frère
Serse. L’équipe suisse a pour leader Hugo Koblet qui l’année précédente a
remporté le Tour d’Italie.
Koblet surclasse tout le monde dans le contre la montre entre La Guerche et Angers ( 85 km ) notamment Bobet et Coppi qui terminent cette étape aux 2° et 3° place. Quatre jours plus tard, c’est l’étape Brive-Agen. Koblet, 37 km après le départ de Brive, à Lanzac démarre dans une légère descente ...
Seul, le régional Louis Desprez ( équipe d’Ile-de-France ) peut se tenir dans sa roue. A Gourdon , au km 64, Koblet est seul. La chasse s’organise. Bobet, Géminiani, Coppi, Magni mènent le peloton sans aucune arrière-pensée en s’entraidant fraternellement. L’écart augmente toujours. 1.35 au km 77, 3.30 au km 92, 3.55 au km 120 à Fumel. Dans les voitures suiveuses les journalistes commencent leur papier et ouvrent en grand la boîte aux superlatifs. Jacques Grello, chansonnier montmartrois qui suit le Tour pour le Parisien intitule le sien « Le Pédaleur de charme ». A Albi, Koblet franchit la ligne d’arrivée, déclenche son chrono, sort un peigne de la poche de son maillot et se recoiffe avant de laisser les photographes faire les photos d’usage. Koblet attend 2.35 avant de voir arriver le peloton complètement médusé. « Je vais faire un autre métier, clame Géminiani ».
Koblet a résisté seul pendant 140 km à la poursuite du peloton entièrement ligué contre lui. Koblet gagne ensuite à Luchon en battant Coppi puis à Montpellier et à Genève devant son public avant de remporter un Tour qu’il a ensoleillé de sa grande classe.





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